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 Just call me Mr Grey. [Terminé]

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Ezekiel Fendiez
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Dim 8 Juin - 16:25
Ezekiel FENDIEZ

Identité
Nom & Prénom(s): Fendiez, Ezekiel
Âge: 25 ans
Surnom: Mr Grey
Pouvoir: Ezekiel possède un corps humain et végétal à la fois. Cette nature double a plusieurs conséquences. Tout d'abord, sa peau et ses cheveux peuvent produire de la chlorophylle, lui permettant de se nourrir d'énergie solaire. Il n'a d'ailleurs pas les mêmes besoins nutritionnels qu'un homme, se contentant d'eau et de lumière. Il a par ailleurs la capacité de produire n'importe quelle excroissance végétale à partir de son corps, et peut également accéder à la "conscience collective" des plantes en en touchant une. Du fait de la nature de la plante en lui, il possède les mêmes faiblesses qu'un utilisateur de Fruit du Démon, à savoir l'impossibilité de nager.
Camp: Romance Works
Race: Hybride humain-végétal
Haki: Observation
CODE RÈGLEMENT: OK by Akuma.


Buts & Rêves
Officiellement, protéger le monde des Armes antiques (ou l'inverse, c'est peu clair), et venger le travail des archéologues. Officieusement, retrouver son amie Katrine Blist à travers son organisation.


Description Physique

6 juillet.

Il est temps de faire un compte-rendu des changements physiques que j'ai subi ; en voici le résumé, pour l'étude ultérieure.
Je mesure un mètre 75, et pèse 70 kilogrammes. Ma musculature n'a pas subi de changement notable, l'ayant entretenue par un exercice régulier, et reste peu imposante, mais néanmoins existante. Ma peau, jusque là intégralement blanche, a commencé à se teinter de noir sur toute la moitié droite de mon corps (je pense à ce sujet que les cellules de mon derme produisent un subtil mélange de chlorophylle et de mélanine). Mes iris sont dorés, et ma pupille a disparu (j'ignore d'ailleurs comment fonctionne mon œil). Mon visage lui-même n'a pas subi d'altération particulière, mon nez est toujours allongé, ma bouche fine. Je pourrais tout de même noter l'impossibilité récente que j'ai acquis de fermer ma paupière droite, sans que cela m'empêche pour autant de dormir. Mes cheveux ont gardé leur rythme de croissance et leur raideur, mais ont pris une teinte verte (encore la chlorophylle).
En terme de protection de mon corps, et ne sachant pas exactement quelles seront les conséquences futures de ma nature, je ne porte la plupart du temps qu'un pantalon en lin, aux fibres facilement extensibles. J'exclus les chaussures pour le moment.



Description Psychologique

6 juillet :

Plusieurs événements ont marqué ma journée. Mais j'aimerais d'abord parler d'Ezekiel. J'ai un peu discuté avec lui il y a quelques heures, et j'avais envie de noter mes impressions sur lui.

Il faut d'abord savoir que c'est une personne plutôt solitaire et tourmentée. Quand je l'ai accueilli chez moi, je n'imaginais pas à quel chaos mental je me confrontais. Après une longue discussion avec lui, j'ai fini par déduire qu'il ne comprenait pas qui il était, et qu'il ignorait s'il était dangereux ou non. Ezekiel a accueilli en lui une autre source de vie, et les deux ne se complètent pas facilement. La partie humaine redoute ce que peut faire la partie végétale, mais je crois que c'est réciproque. Deux êtres dans le même corps, se craignant l'un l'autre. La "plante" a d'après ce que j'ai compris tué une personne, mais est-ce qu'un homme est moins dangereux ?

Cela mis à part, Ezekiel peut se montrer tout à fait respectueux et ouvert. Il considère tous les êtres vivants sur le même plan ; apparemment, cela lui vient aussi de la "plante". Il m'a dit que parfois, il entrait en contact avec une sorte d'entité supérieure, qui représente toutes les plantes du monde, et que c'est d'elle qu'il a appris que la Nature formait un tout, pas un groupe d'individus. Il est particulièrement tolérant envers de nombreux comportements humains, si ce n'est à propos de la violence.

Ezekiel comprend la violence, la perversité, le vice qui peut sommeiller en chaque homme. Il les comprend, mais ne les accepte pas. Sans pour autant être religieux, il considère contre-nature de commettre un acte contre son prochain si ce n'est pas dans un intérêt plus important que l'argent, l'honneur ou la vengeance, par exemple. Mais il ne se pose pas en juge pour autant, considérant que ce n'est pas "son combat". Lui n'invoque pas la justice, mais la paix. Il veut "attaquer les causes plutôt que les conséquences". En cela, il ne cautionne pas plus la Révolution que le Gouvernement mondial. Lui pense qu'aucun n'aura raison tant que la raison sera donnée au plus fort. C'est cela, l'idéal de Romance Works : en cachant les Armes antiques, en les protégeant, il cherche à mettre le monde sur un même plan. A rendre les chances équitables.

Mais en plus des idéaux, Ezekiel a aussi des idées. Nous avons ensemble pensé à créer une organisation, mais c'est lui le cerveau, lui qui a défini une hiérarchie, qui a pensé à reprendre les principes d'une vieille organisation pour en renverser l'objectif. Lui également qui a réussi à retrouver des traces d'une carte où seraient indiqués les emplacements de toutes les Armes antiques. Sa formation d'archéologue, combinée à son esprit mathématique et son imagination, en font une des personnes les plus créatives et réfléchies que je connaisse.

Ezekiel a aussi un cœur. Il m'a avoué un jour qu'il n'aurait jamais créé l'organisation s'il n'avait pas eu quelqu'un à sauver par elle. J'avais d'abord cru qu'il évoquait tous les civils qui survivraient à la guerre grâce à lui, mais sa pensée était bien plus simple : tout cela, l'organisation, les Armes antiques, ne concernait qu'une seule personne, une seule chose : la fille qui était avec lui dans le désert, et sa culpabilité après les terribles événements qu'ils ont vécu. Je crois que personne ne peut comprendre Ezekiel sans connaître un tant soit peu son histoire, parce que cette fille est la clé de son action.



HISTOIRE
La muraille s’élevait à une dizaine de mètres de haut, et semblait contourner un domaine de plusieurs kilomètres de distance. Le grès qui la formait avait depuis longtemps perdu sa régularité, et s’érodait par endroits, si bien que le mur semblait faire partie du paysage désertique. Cette vision ne manqua pas d’impressionner le petit groupe qui grimpait à la gigantesque dune sur laquelle l’enceinte était posée. Tout autour, des troncs secs tombés au sol, déracinés, des pierres éparses, des briques parfois, et un semblant de restes d’une cité. Et au sommet de la colline ensablée, le sanctuaire du peuple de l’Oasis. Du moins, ce qui en était resté après les multiples tempêtes de sable des dernières années.

Le professeur Evaristo Sintos marcha droit vers la muraille, et de sa main ridée et tremblante, il en effleura la surface. Sous sa main, il en était conscient, se trouvait un ouvrage vieux de plusieurs millénaires. Une forte émotion l’envahissait, et il pensa que ses collègues devaient ressentir une chose similaire. Le rêve d’un passionné d’histoire, se dit-il.
Il fut rejoint par ses deux apprentis. D’abord la jeune prodige de sa promotion, Katrine Blist, qui s’arrêta à un mètre du mur, pétrifiée d’admiration. Ensuite, son aîné et le deuxième de la même promotion, non moins talentueux cependant, Milo Cinza, qui réagit à peu près selon les mêmes conditions. Derrière eux arrivèrent le collègue et ami de Sintos, le professeur Hills, et le jeune guide qui avait insisté pour les accompagner, que tous connaissaient sous le nom de Jimmy.

Sintos approcha de la porte, et tenta de la pousser en arrière. Les deux étudiants coururent l’aider, et à eux trois, il créèrent un entrebâillement suffisant pour le passage d’un homme. Le groupe s’infiltra alors dans l’enceinte. Sintos en tête, ils évoluèrent dans ce qui avait fait le bonheur et la prospérité d’un peuple pendant des siècles : le “Jardin du désert” de la cité d’Alkessa. Tandis qu’ils circulaient dans les longues allées, ils remarquèrent à quel point cependant le jardin était plus proche d’un marécage que d’autre chose. L’eau dans les bassins croupissait, et des algues s’y développaient et croissaient en masse, donnant une teinte verdâtre à l’ensemble. Tous les bassins étaient entourés d’arbres morts aux troncs de diverses formes, certains arborant encore des feuilles rondes, pointues, petites, grandes, de toutes sortes. L’écorce jaunie de toute part s’effritait et tombait en miettes dans l’eau ou sur le sol ensablé.
L’expédition, qui avait suivi jusque là un chemin longé par deux bassins, finit par atteindre après une dizaine de minutes un croisement entre les allées. Au centre, une crevasse de quelques mètres de large empêchait l’accès à la seconde partie de la plateforme. Des fissures en jaillissaient et zigzaguaient sur une distance considérable. Hills se pencha sur le trou béant, regarda ensuite les bassins autour de lui, et se retourna vers le groupe.

“Je pense que les bassins étaient remplis par ce qui se trouvait ici. Il y a des restes de petits canaux sur leurs rebords.
- C’est probable en effet, ajouta Sintos, et ces ruines expliquent l’état du lieu. L’oasis a dû subir des dommages conséquents.
- Comment allons-nous avancer maintenant ? demanda Katrine en cherchant du regard un moyen de contourner la faille.
- Je crois que la question ne se pose pas, ma chère Katrine, répondit malicieusement son professeur. Nous n’allons plus avancer.
- Vario, ne me dit pas que tu comptes descendre en rappel ?
- On n’expose pas la merveille de sa cité à la vue du premier venu, Félix. Je pense que ce que nous cherchons est en bas.
- Mais enfin c’est complètement inconscient … on n’est pas en train de pratiquer la spéléologie avec laquelle tu occupes tes week-ends. Nous n’avons ici aucune assurance de sortir, et personne ne pourra venir nous chercher.
- On ne fait pas d’omelette sans casser quelques oeufs … Milo, je crois que j’avais mis la corde dans votre sac, peux-tu me la donner ?
- Je vous l’attrape professeur !”
répondit le jeune homme, apparemment enthousiasmé à l’idée d’ajouter un peu de piment au voyage. Félix Hills soupira, et alla aider son ami à nouer la corde.

Quelques minutes plus tard, il fut le dernier à poser le pied dans l’éboulis qui constituait la partie inférieure de la plateforme. Les autres l’attendaient, et ils s’avancèrent tous dans la pente escarpée, guidés par la torche de Sintos. Jimmy accéléra un peu pour se retrouver au niveau de Hills, et lui demanda :

“Excusez mon indiscrétion, mais que venez-vous chercher dans ces ruines ? Alkessa n’a jamais été célèbre pour ses richesses ou ses monuments spectaculaires …
- Et le Jardin du désert fait à présent pâle figure, c’est vrai. Mais nous ne sommes ni des touristes, ni des pilleurs. Nous venons étudier ce lieu.
- Se pourrait-il …
- Que nous soyons des archéologues ? Précisément. En fait, le professeur Sintos et moi-même sommes archéologues, et Milo et Katrine sont les assistants de mon collègue.
- Mais vous … vous ne craignez pas les ordres du Gouvernement ?
- L’archéologie n’est pas un vice, c’est une passion. Nous ne cesserons pas nos recherches pour un prétexte aussi futile qu’une loi.
- J’aimerais avoir votre courage, professeur Hills.
- Ce n’est pas une question de courage. C’est seulement un principe moral.”


Alors qu’ils achevaient leur discussion, Sintos s’arrêta devant une fente rectangulaire dans un mur à sa gauche, et se tourna vers ses compagnons.

“Je crois que nous arrivons à la fin du voyage ! Cette porte très ornementée laisse supposer une certaine importance du lieu auquel nous allons accéder …
- Ou bien que l’architecte était inspiré quand il a fait les fondations ?
- Félix, ton cynisme est malvenu. Imagine ce qui pourrait nous accueillir !
- C’est malheureusement ce que je fais, mon ami. Mais entrons, tu as raison, le destin n’attend pas.”


Ils pénétrèrent un par un dans la pièce, Jimmy fermant la marche. Et ce qu’ils y découvrirent les stupéfia.
Le centre de la salle était occupé par un arbre aux proportions impressionnantes. Son tronc était d’un diamètre aisément supérieur à deux mètres, et s’étendait cependant peu en hauteur. Ses branches épaisses s’enroulaient en spirale autour du tronc, et l’entouraient d’une sorte de barrière de feuillage épais. Le tronc lui-même était couvert de courbes parallèles, parfois tourbillonnantes, d’autres fois écartées, comme suivant un magnétisme complexe. Et malgré la sécheresse du lieu, l’arbre paraissait encore vif, et ses feuilles étaient d’un vert chatoyant.

“Qu’est-ce que c’est ? Quel arbre est-ce ?
- Je crois pouvoir vous répondre, Jimmy ! répondit la voix lointaine de Sintos. J’ai trouvé des ponéglyphes dans le fond, et ils semblent raconter ce qui s’est passé ici.
- Des ponéglyphes ?
- Bienvenue dans le monde de l’archéologie, où toute vérité n’est pas forcément bonne à connaître … que peux-tu nous dire Vario ?
- Laisse-moi retrouver le début … ah j’y suis !
A l’époque de l’écriture de ce texte, le roi qui régnait sur cette cité se nommait Ezekiel. C’était un monarque respecté et droit, selon ce qui est écrit, mais qui avait une passion particulière : la botanique. Alors même que l’oasis n’était encore qu’un puits à l’extérieur de la ville, lui rêvait de faire pousser les plantes les plus fabuleuses. Et il semblerait qu’il ait été exaucé, lorsqu’un voyageur lui a apporté un fruit des plus étranges, aux qualités déjà connues à son époque … un fruit du démon. Et le plus incroyable dans tout cela est que Ezekiel a apparemment réussi à planter ce fruit, à cet emplacement même …

- Cet arbre est issu d’un fruit du démon ? C’est complètement fou …
- Et ce n’est pas fini. D’après le texte, l’arbre, tant qu’il est hydraté, vit éternellement et croît à l’oeil nu, de toutes les manières possibles et imaginables. A en croire cette affirmation, nous côtoyons un arbre vieux de plusieurs millénaires.
- Mais attends, vu les tempêtes de sable qui ravagent le coin, il doit être mourant, ou même déjà mort ?
- Mourant plutôt, rétorqua Milo. Vous avez vu ces feuilles ?
- Ah attendez, il y a une inscription à côté des ponéglyphes … c’est notre alphabet.
- Quelqu’un est passé avant nous ? Un autre archéologue peut-être.
- Il y a juste écrit …”


A l’instant même où Sintos prononça le son “i”, le groupe le vit projeté contre le mur à leur droite, qui se fendit sous l’impact. Tous coururent vers le corps brisé du vieux professeur, mais seul le jeune Milo se tourna vers le point d’où Sintos avait parlé.
Jimmy s’y tenait, et faisait craquer ses doigts, en regardant du coin le mur constellé de gravures.

“Gaïa. C’est le nom qu’ils ont donné à l’arbre. La huitième Arme.” Il massa lentement son cou : “Je n’ai plus l’habitude d’un corps aussi jeune …
- Jimmy, c’est vous qui avez …
- S’il-vous-plaît, monsieur Cinza, ne m’appelez pas Jimmy. On nous donne ces noms de codes uniquement pour des missions de basse importance d’habitude, c’est donc presque insultant que vous m’apostrophiez ainsi.
- Des missions ?
- Il appartient au Gouvernement, Milo, annonça difficilement Sintos, qui se remettait à peine du choc. Et il est venu pour nous arrêter.
- Vous arrêter ? Enfin professeur, vous pensez vraiment que cette découverte a si peu d’importance ?
- De quoi parle-t-il, Vario ? demanda fébrilement Hills.
- Je suis désolé Félix, j’aurais dû te le dire bien avant … nous ne sommes pas juste ici pour une étude, mais pour trouver une Arme antique …
- C’est une plaisanterie ?
- Malheureusement pour vous tous, c’est bien réel. Il se trouve que votre ami a été récemment initié à une découverte des plus intéressantes : une carte des Armes antiques de ce monde. Et nous nous trouvons à l’un des emplacements indiqués par cette carte. Heureusement que certains archéologues ont moins de cran que vous, mon cher, sinon vous auriez atteint cette merveille avant que le Gouvernement en ait appris l’existence …
- Alors vous voulez nous tuer ? demanda Katrine, qui s’était jointe à Milo, devant Hills et Sintos.
- Vous trois, pas spécialement. Vous n’êtes que des complices après tout. Vous n’avez aucune information sur les autres Armes, et vous ne connaissez pas les capacités de celle-ci. En revanche, le professeur Sintos …
- Ne subira aucun mauvais traitement de votre part avant que vous ne m’ayez mis au tapis.”


Hills s’avança, et jeta sa veste sur le côté. Il se plaça ensuite en posture de boxe, et commença à s’approcher doucement de “Jimmy”.

“Mes camarades de l’université m’ont toujours considéré comme un scientifique raté. En revanche, personne n’a jamais gagné un match de boxe contre moi, à cette époque. Tu vas comprendre pourquoi, sale …
- Finger Gun.”


Hills s’écroula au sol, le ventre percé d’un trou arrondi, juste derrière l’agent du Gouvernement. Celui-ci sortit un mouchoir de sa poche, et essuya son doigt rougi.

“J’imagine que vous comprenez que toute résistance est inutile, et je déteste perdre mon temps. Alors mademoiselle Blist, monsieur Cinza, écartez-vous s’il-vous-plaît.
- Et si nous refusons ?
- Si jeunes, et déjà si prévisibles … vous n’êtes pas dans un conte de fée ou une BD. Aucun de vous n’est un super-guerrier ou je ne sais quelle autre ânerie, et vous n’avez aucune idée de ce dont je suis capable. Vous voulez vraiment tenter le coup ?
- Essayons toujours.
- A votre gui…”


Interrompu par le déploiement d’une branche dans son dos, “Jimmy” fut projeté contre la paroi gravée, tandis que l’arbre entier semblait s’ébrouer. Les deux étudiants reculèrent, et revinrent en vitesse vers leur mentor. Petit à petit, tandis que les branches remuaient et oscillaient violemment, une fine poudre se formait autour du végétal, et s’épaississait à vue d’oeil. Sintos se releva un peu, et parla lentement, d’une voix pleine de douleur.

“L’arbre sent sa fin proche, si vous voulez mon avis. Il est en train d’expulser du pollen, pour inséminer les plantes alentour.
- Mais elles sont toutes mortes …
- Il a sûrement d’autres ressources. Le ponéglyphe disait qu’il évoluait de manière irrégulière. Je doute qu’il …
- Une Arme antique se meurt, le coupa l’agent, avec un ton menaçant. Nous n’avons plus le temps de tergiverser, messieurs dames.
- Nous n’allons pas nous écarter, que vous le vouliez ou non.
- Eh bien dans ce cas …”


Un craquement se fit entendre, et un projectile jaillit de l’arbre pour foncer vers le mur. Il s’écrasa à côté de Sintos, et un liquide épais coula du point d’impact. Un fruit trop mûr, se dit Katrine. Puis elle réfléchit un instant, et comprit la raison de son expulsion par la plante. Leur agresseur reprenait déjà sa lente marche vers eux.

“Vous avez raison professeur, l’arbre va survivre. On va être la terre et l’eau qui vont le lui permettre.
- Je crois comprendre ce que vous proposez, ma chère, et j’adhère à votre idée.
- Moi pas. Ne touchez pas ces graines, miss Blist, elles sont la propriété du Gouvernement désormais.
- Je vais me gêner …
- Rankyaku.”


Elle tendit la main vers les graines, mais la lame tranchante projetée par la jambe de l’agent passa juste devant, et manqua de lui couper net ses doigts. Elle recula avec un frisson, mais Sintos attrapa discrètement une pincée de graines qu’il serra dans son poing. Leur ennemi ricana, et sembla s’effacer, pour réapparaître derrière Katrine. Elle sentit sa présence, mais n’eut que le temps de pousser un petit cri étouffé, avant qu’un coup de la tranche de la main dans sa nuque ne l’assomme. Elle s’écroula à son tour.

“Milo, cela suffit maintenant. Ecartez-vous de moi.
- Professeur, vous n’êtes pas sérieux ?
- Je ne veux pas causer la mort d’autres personnes ce soir. Je te demande de prendre Félix et Katrine avec toi, et de partir.
- Ecoutez-le, Milo, ajouta l’agent calmement. Vous n’aurez pas de meilleure occasion de sauver votre peau.
- Donne-moi la main, et promet-moi de me laisser là.
- Je … je ne peux … mais que … ?
- Et essaye d’avaler ça, ça devrait suffire.”
remarqua-t-il en souriant, et en lui passant les quelques graines qu’il tenait.
Milo, mal assuré et encore perplexe, s’écarta, et “Jimmy” le regarda un instant, puis sourit, et s’approcha de Sintos. Pendant ce temps, l’étudiant observa le contenu de sa main : trois très petites graines, noires et pointues. Il se rappela alors des paroles de son professeur, et avala les graines. L’agent dût percevoir le mouvement, car il se retourna à ce moment précis. Il vit le jeune homme se tenir le ventre, puis s’écrouler au sol, semblant terrassé par la douleur. Il convulsait violemment, et ses cheveux perdaient leur teinte châtain. Sa peau pâlissait également.

“Mais qu’est-ce que … Sintos, vous lui avez donné les graines, c’est ça ?
- Moi, je suis mort, mais lui vous échappera toujours.
- Pauvre fou, il vient de causer sa perte ! La quantité d’eau nécessaire pour alimenter une telle plante est …
- Bien supérieure à celle d’une seule personne, c’est fort probable. Peut-être qu’avec nous trois ?”


L’agent comprit alors, et se retourna brusquement. Juste à temps pour faire face à la grande silhouette blanche et décharnée de Milo, qui attrapa son bras. Un contact sembla se créer entre leurs peaux, et progressivement, Milo dessécha complètement son voisin. Celui-ci eut à peine le temps d’ouvrir la bouche, et s’écroula au sol. Sintos le vit tomber, et regarda le monstre qui venait de naître. Il sourit, et ouvrit les bras, comme pour l’accueillir. Milo, ou plutôt ce qui avait été Milo, s’avança vers son ancien professeur, et tendit le bras. De fines racines filèrent vers sa poitrine, et s’y accrochèrent avec force. Evaristo Sintos se dit à ce moment qu’il avait peut-être sous-estimé son élève. Il survivra peut-être, supposa-t-il. Ce fut sa dernière pensée.


~~~~~~


Le zénith avait installé sur la petite île un climat étouffant, et les rares êtres vivants du petit désert restaient la plupart du temps dans leurs terriers, à attendre la fraîcheur de la nuit. Même l’occupant de la vieille cabane en bois, sur la plage, préférait la paix de l’ombre à la violence du jour. Penché à la fenêtre, il observait de ses yeux clairs la paisible étendue d’eau salée. Et réfléchissait à sa condition.

Se détournant de la vitre, il regarda à la lumière ses deux mains, l’une d’un blanc de linge, l’autre d’un noir de suie. L’évolution de la deuxième s’était effectuée en seulement quelques heures, et il pensa à le rajouter à son journal. Cependant, il savait qu’un coup de fil devait l’interrompre, et il préférait ne pas devoir s’arrêter. Aussi, il s’assit sur une chaise, et feuilleta quelques notes prises la semaine précédente. Il s’attarda notamment sur les découvertes qu’il avait effectué à propos d’une équipe clandestine d’archéologues, à laquelle le professeur Evaristo Sintos semblait avoir appartenu. Cependant, il lui faudrait encore vérifier la probabilité des informations du document avant de rechercher les autres membres. Et il lui était impossible de savoir si ils possédaient la carte, ou même s’ils en avaient jamais entendu parlé.

L’escargophone intervint enfin, et il décrocha sans attendre. A l’autre bout du fil, son interlocuteur fut le premier à parler :

“Où t’en es ?
- Je crois que la plante développe le moyen de capturer l’énergie solaire. Mes cheveux ont verdi, et la moitié de mon corps est absolument noire.
- Tu vas peut-être enfin pouvoir sortir alors !
- Je l’espère, je commence un peu à m’ennuyer … où en sont tes recherches ?
- J’ai l’impression que tes idées intéressent plus de monde que tu ne l’imaginais … je dois en parler à quelques personnes tout à l’heure. Il y a quelque chose que je dois aborder absolument ?
- L’indépendance du mouvement.
- C’est évident … ah d’ailleurs, je dois te nommer ?
- Eh bien … tu peux éventuellement leur parler de Mr Grey.
- Ils ne feront jamais confiance à un simple pseudonyme. Pourquoi je donnerais pas ton ancien nom ?
- Je ne suis plus Milo Cinza, tu entends ? Plus seulement.
- … Bien. Alors quoi ?
- Comme nom ? Laisse-moi réfléchir.”


Il posa le combiné sur la table, et se rappela du jour où il était devenu deux. Du jour où la deuxième moitié de son corps était née avec la vie de deux autres personnes. Les ponéglyphes lui revenaient aussi en mémoire.

“Quand tu les verras …
- Oui ?
- Parle-leur au nom d’Ezekiel Fendiez.
- T’as trouvé ça en vingt secondes à peine ? Ah attends un instant, il faut à tout prix que tu saches …
- Quoi ?
- T’es pas le seul survivant d’Alkessa. Déjà parce qu’un certain professeur Hills a répondu à ma proposition, et sa lettre contenait énormément d’informations sur ce qui t’es arrivé là-bas.
- Et ensuite ?
- Ensuite parce que j’ai un ami au Gouvernement, dans les communications inter-services. Et il semblerait qu’ils aient également presque tous les détails que tu m’as donné.
- Alors Jimmy est encore en vie … pourtant, la plante avait complètement déshydraté son corps …
- En tout cas, tu peux être sûr qu’on va avoir de la concurrence. J’espère même que nous aurons le temps de lancer quoi que ce soit avant que le Gouvernement nous arrête.
- Espérons-le oui. Hésite pas à rappeler si tu as du nouveau.
- Pas de souci. Te prend pas trop la tête !
- Compte sur moi.”
répondit-il en ricanant.

Il raccrocha, et s’éloigna de la table. Son cerveau était en ébullition.
Avait-il fait le bon choix ? Devait-il faire confiance à cet homme ? Il avait été le seul à l’aider après l’incident du désert, et il était de surcroît le seul à connaître son identité.
Jimmy était encore en vie. Le chercherait-il ? Cela ne faisait presque aucun doute. Et lui devait avoir des informations beaucoup plus précises que les siennes au sujet de la carte. Voire pouvait posséder la carte elle-même. Hills avait survécu, mais subirait probablement une “justice” impitoyable. De plus, les pouvoirs que possédait l'agent avaient de quoi inquiéter ...
Katrine ? S’en était-elle sortie ? La plante l’avait-elle elle aussi absorbée ? Cette question le tourmentait encore, notamment à cause du doute qu’elle évoquait sur sa propre nature. Mais également parce qu’elle avait été son amie, sa camarade, sa rivale. C’est d’elle, de sa passion pour les archéologues de la grande vague de piraterie, que lui était venue l’idée de l’organisation. L’hommage à Sintos, l’idéal de la paix mondiale n’étaient quasiment que des prétextes pour la retrouver. Il était persuadé qu’elle comprendrait le message, qu’elle suivrait sa piste. Il n’espérait rien de plus.

Il revint vers la fenêtre. Et se dit que le lendemain, il sortirait. Après tout, lui comme la plante en lui ne vivraient pas dans l’ombre éternellement. Tôt ou tard, il leur faudrait retrouver la lumière, et surtout, surtout, éviter de se brûler.

Il est un moment du récit ou le lecteur doit comprendre qu'il est extrêmement dur de donner fin à une histoire. Car de même qu'elle ne débute jamais vraiment, telle un rêve du réel, elle ne peut également vraiment s'achever. Chaque voyage est incertain, parce que départ ou arrivée importent peu : la route seule est sûre.



Derrière l'écran
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Une question ? Juste une : quelqu'un s'intéresse à ce champ Smile?

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Ezekiel Fendiez
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Lun 9 Juin - 9:56
Je crois bien que j'ai fini, j'espère ne pas me tromper !

En espérant que la lecture vous sera pas trop désagréable.

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Akuma Shinda
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Lun 9 Juin - 13:08
QUALITÉ :

Coucou Ezekiel, une très bonne qualité d'écriture, une originalité remarquable, j'ai vu deux-trois petites fautes mais rien de très gênant. Je t'offre donc une mention Très Bien qui t'apporte 140 points.

LONGUEUR :

3392 mots => 1.4

Une histoire plutôt longue en effet et plutôt bien développée.

ORTHOGRAPHE :

Comme pour la qualité je t'offre un Très Bien avec 1,6 car mis à part deux-trois fautes d'inattentions c'est parfait.

BONUS :

Je te considère comme mon Co-Fondateur, tu as bien travaillé alors je t'offre le bonus suivant ;
Bonus de niveau 3 – respect des concordances, respect des membres, efforts fourni, activité sur le forum : 2

140  X 1,4 X 1,6 X 2

Tu gagnes donc 627.2 points d'expérience.
Félicitations.

Passons à la réputation :

Je recense ici les actes positifs notables :

1) Découverte d'une arme antique (archéologie) => 40 points.
2) Fondation de Romance Works => 60 points.

Réputation Positive : 100

Et je recense ici les actes négatifs notables :

1) Assèchement d'un agent du gouvernement => 40 points.
2) Transformation en Hybride Humain-Végétal => 40 points.
3) Responsable de la mort du professeur => 50 points.

Réputation Négative : 130

Prime de départ : 3,250,000 Berrys

Deuxième validation ?

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Lun 9 Juin - 13:12
Je valide et déplace !



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